Tandis que l’idéal du Home Rule tend à s’estomper, de plus en plus de jeunes Irlandais adhérent à des organisations révolutionnaires. Parmi les plus importantes on trouve le Sinn Fein, fondé par Arthur Griffith en 1905, afin de promouvoir une «Irlande irlandaise» unie, et libérée de l’exploitation économique des Britanniques. Il existe également l’Irish Socialist Republican Party (le parti socialiste républicain irlandais), dirigé par James Connolly, un socialiste séparatiste; et enfin l’incontournable IRB.
Le mépris de ces associations pour la politique parlementaire gagne en vigueur. Elle se révèlent particulièrement militantes et implantées, et commencent à inquiéter la hiérarchie irlandaise. De plus, elles possèdent de profondes affinités avec le renouveau celtique ou gaélique.
LE RENOUVEAU GAELIQUE
Il s’agit d’un fourmillement d’initiatives qui permettent une renaissance littéraire irlandaise, une sorte de révolution de l’identité et des arts traditionnels. Le poète William Butler Yeats, entouré d’un cercle d’auteurs tels que Lady Gregory ou Douglas Hyde, ont à coeur de faire redecouvrir d’anciens récits celtes. Il évoquent dans leurs oeuvre une Irlande romantique, à travers des récits épiques mettant en scène des guerriers héroiques. Ces récits permettent d’offrir une alternative plus attrayante à l’histoire officielle de l’île, formée d’invasions et de longues période d’oppression.
C’est en 1893 que la Ligue gaélique est fondée par Douglas Hyde, dans le but de ranimer la langue et les coutumes ancestrales.
Après les élections de 1910, le parti du Home Rule est majoritaire à la Chambre des Communes, tandis que le Sinn Féin n’obtient pas les votes escomptés, car les Irlandais ont du mal à adhérer à leur promesses d’indépendance. Les unionistes d’Ulster créent un groupe militaire, le Ulster Volunteer Force (les Volontaires d’Ulster) pour lutter contre le Home Rule et le projet d’autonomie. Son fondateur Edward Carson est resté célèbre pour son slogan « not an inch ! », (« rien de plus dans les concessions catholiques »)
En 1913, une série de conflits industriels à Dublin est à l’origine de heurts violents entre la police et les grévistes et incitent le leader syndicaliste James Connolly à fonder l’Armée des Citoyens Irlandais, afin de protéger les travailleurs contre les charges de la police. Pour répondre au mouvement des Volontaires d’Ulster, les nationalistes forment les Volontaires Irlandais (The Nationalist Irish Volunteers).
En 1914, le roi George V signe le décret du Home Rule, mais la première guerre mondiale éclate et différe son application. Une grande partie des volontaires protestants rallient l’Union Jack et partent lutter sur le front. Mais le détournement des énergies britanniques au profit de l’effort de guerre précipite le dénouement de la révolution irlandaise. Les Volontaires Irlandais, mènent une campagne contre la conscription tandis que leurs chefs sollicitent une aide militaire de l’Allemagne


Histoire de l'Irlande