La fronde du parlement puritain de Londres contre Charles Ier offre aux Irlandais l’opportunité d’une revanche. En 1641, après l’exécution du roi, alors que l’Angleterre et l’Ecosse sont frappés par des affrontements entre calvinistes (presbytèriens)et anglicans (épiscopaliens), les Irlandais profitent du désordre régnant pour massacrer de nombreux colons.
Cette sanglante rébellion marque un tournant dans l’histoire irlandaise. Les catholiques attaquent les colons protestants avec une rancÅ“ur attisée par des antagonismes à la fois religieux et économiques; Les Old English se rallient aux rebelles et le soulèvement s’étend à toute l’Irlande. Un gouvernement, la Confédération catholique, se constitue à Kilkenny, elle perdure jusqu’en 1949.
A cette date, le chef des parlementaires, Olivier Cromwell, débarque en Irlande avec trois mille soldats, qui massacrent la garnison royaliste de Drogheda, et dévastent le pays. Redoutant sa terrible réputation, certaines villes se rendent avant même de combattre. Des milliers de royalistes sont exilés vers la région infertile du Connaught. De très nombreux irlandais voient leurs terres confisquées et redistribuées aux partisans de Cromwell. Mais ce projets de « plantation » reste inachevé.
Après la Restauration, lorsque Charles II monta sur le trône en 1660, les anciennes familles royalistes d’Irlande se mettent à réclamer la restitution de leurs domaines. Après un vote du Parlement, seule une partie d’entre eux royalistes reçoit une compensation pour la perte de ses domaines.
Lorsque Jacques II succéde à son frère Charles en 1685, afin de ramener le dogme catholique dans son royaume il prévoit l’invasion de l’Angleterre par une armée de catholiques irlandais sous le commandement de Richard Talbot, comte de Tyrconnell. Mais, les parlementaire déjouent ses plans et invitent Guillaume d’Orange à monter sur le trône en 1688, Jacques II s’enfuit alors en France. C’est la « Glorieuse révolution ». Guillaume, fervent protestant, régne donc sur l’Angleterre, tandis que l’armée jacobite de Tyrconnell tient l’Irlande sous son emprise.
En mars 1689, Jacques II débarque à Kinsale pour rejoindre ses forces en Irlande, au Nord, vers Dublin. Il y est reconnu comme roi par la Parlement, et commence à organiser la restitution des terres qui avaient été confisquées aux catholiques.
C’est dans ce but qu’il dirige le siège de Derry, qui provoque une terrible famine. Le slogan protestant « no surrender », « pas de reddition », date de ce siège. Il dure quatre mois, jusqu’en juillet, quand Guillaume d’Orange débarque avec une armée de 36 000 hommes. Les deux armées convergent vers la vallée de la Boyne, le 12 juillet 1690 (image de la tapisserie de la Banque of Ireland).
C’est la déroute pour le parti catholique, Jacques II doit s’enfuir une fois de plus, abandonnant derrière lui les restes éparpillés de son armée. La victoire de Guillaume constitue un tournant historique : elle écarte définitivement Jacques II du trône d’Angleterre, et elle est encore aujourd’hui commémorée par les protestants du Nord. Lorsque les Jacobites qui défendent Limerick finissent par se rendre, en octobre 1691, on accorde l’exil à ceux qui refusent de vivre dans une Irlande protestante.
En 1695 le Parlement irlandais vote une série de lois pénales destinées à opprimer les catholiques et à les priver de tout pouvoir, elle constituent le « règlement du papisme ». Les catholiques conservent le droit d’assister à la messe dans leurs églises, mais ils ne sont plus autorisés ni à porter des armes, ni à acquérir des terres ou à en hériter, ni à envoyer leurs enfants sur le continent pour leur faire donner une éducation catholique. Concrètement, cette législation a pour effet de paralyser l’activité économique des Irlandais autochtones.
Quelques riches Irlandais se résignent à la conversion au protestantisme pour conserver leur carrière et leur fortune. Beaucoup de catholiques se voient plongés dans des conditions de vie misérables.


Histoire de l'Irlande