L’émancipation des catholiques en Irlande

La question de l’émancipation des catholiques fait peser une menace sur la politique anglo-irlandaise. George III refusa la concession au catholique voulue par le ministre Pitt, et celui-ci démissionne.

Un avocat va transformer ce débat en mouvement de masse, c’est Daniel O’Connell, qui entraîne ses coreligionnaires catholiques vers l’égalité religieuse en enrôlant dans son Association catholique des tenanciers et des ouvriers.

En mai 1828, O’Connell est élu à l’un des sièges du comté de Clare. Cet événement convaint Sir Robert Peel et le duc de Wellington, alors Premier ministre, qu’il est inutile de résister plus longtemps à l’émancipation.

En avril 1829, une mesure rendant leurs droits civils à tous les catholiques des îles Britanniques est officialisée.

Elle affirme l’égalité des catholiques et des protestants devant la loi et vaut à O’Connell le surnom de «Grand libérateur». Néanmoins cela ne fait pas disparaître les préjugés religieux et «raciaux» profondément enracinés en Grande-Bretagne contre les catholiques irlandais.

Au début des années 1830, les tenanciers irlandais commencent à se révolter contre le système de la dîme. Leur refus de verser cet impôt à une Eglise  qui n’est pas la leur débouche sur des affrontements violents avec la police et l’armée.

Face à l’agitation généralisée, le ministère Whig est finalement contraint de voter la loi sur la dîme de 1838, qui transforme l’impôt original en taxe fixe payée par le propriétaire, tandis que les tenanciers paient leur dû sous forme de loyer, ce système permet de mettre fin aux abus des percepteurs.

Mais O’Connell veut aller plus loin, et fait sa priorité de l’abrogation de l’Acte d’Union et du rétablissement d’un Parlement irlandais, incluant des députés catholiques. Sa campagne est particulièrement suivie en 1843 grâce à ses « monsters meeting » qui se tiennent dans toute l’Irlande et dont certains attirent près d’un demi million de partisans. Cela permet à O’Connell d’exploiter la menace que représente une telle foule pour le pouvoir britannique.

Cependant, dans un contexte général de manifestations chartistes et d’attaques contre les lois sur le blé en Grande-Bretagne, son Association pour l’abrogation n’obtient, aucun résultat au Parlement. O’Connell finit par reculer en annuler un monster meeting qui avait été interdit. Brièvement emprisonné en 1944, il ne réprésente plus aucune menace pour les Britanniques et meurt quelques années plus tard.

Ce recul d’O'Connel incite certains nationalistes idéalistes à s’opposer à sa tactique et ses objectifs. Ces intellectuels baptisent leur mouvement Jeune Irlande, et défendent l’idéal d’une nation revigorée et «sentant le terroir».  Mené par le poète protestant Thomas Davis, et le journaliste catholique Charles Gavan Duffy, ce mouvement  représente le nationalisme romantique.

Par le biais de leur célèbre journal, The Nation, ses membres affirment que l’avenir de l’Irlande en tant que nation dépend de l’union de toutes ses classes et de toutes ses tendances religieuses. A partir de la mort de Davis en 1845, le mouvement se fait plus militant et violent.

En 1848, Jeune Irlande déclenche une rébellion qui échoue rapidement et de façon brutale, avec la capture de ses meneurs et leur déportation en Australie. En dépit de cette fin pathetique, ce soulèvement contribue à édifier une solide filiation entre la révolte de 1798 et celle de 1916.

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