A l’époque où éclate la famine, plusieurs millions d’Irlandais vivent à crédit, mendient et acceptent la charité pendant toute une partie de l’année. La dépendance de la population rurale vis-à -vis de la récolte de pommes de terre était si totale que les mauvaises récoltes successives dans les années 1820 et 1830 font de terribles ravages. Â
La grande famine de 1845 à  1848 est provoquée par le mildiou, maladie à l’époque inconnue dans les îles Britanniques. Les prix s’envolent, les lois pénales répressives accablent les métayers, et beaucoup sont expulsés, incapables de payer leurs dettes.
Pourtant à cette époque le pays a suffisamment de ressources en blé et produits laitiers pour nourrir toute sa population mais il est contraint de vendre ses productions agricoles en Angleterre.
Les Poor Laws (Lois sur les pauvres), mises en place pendant cette famine rendent les propriétaires terriens responsables des besoins de leurs pauvres, et les incitent ainsi à se débarrassant de ces fermiers en leur payant la traversée pour l’Amérique, sur les « bateaux cercueils ».
Les mesures gouvernementales permettant de faire face à cette crise tardent à venir. Sur les ordres du Premier ministre, le gouvernement achète et distribue de la farine de blé aux victimes et autorisa tout un programme de secours publics.
L’étendue de la famine, au cours de l’hiver 1845-1846, contribue à convaincre le gouvernement qu’il ne faut pas combattre plus longtemps le libre échange et, en juin 1846, il abroge les lois sur le blé.
Au mois d’août 1848, le gouvernement britannique organise des soupes populaires pour plus de deux millions de victimes de la famine en Irlande. Les bonnes Å“uvres et les secours publics permettent de sauver de nombreuses vies, mais des milliers de gens meurent de faim ou des suites des maladies décimant la population affaiblie.
En tout, entre 1846 et 1855, ce sont plus de 750 000 hommes, femmes et enfants irlandais qui succombent aux effets de la famine, et plus de un million émigrent outre-Atlantique.
Cette diaspora des années de famine crée aux Etats-Unis la «Grande Irlande» et a de graves conséquences sur le maintient de l’ancienne culture irlandaise ou celtique. L’anglophobie est désormais de mise dans les taudis des grandes villes américaines, dont les citoyens jouèrent un rôle majeur dans la lutte pour la liberté de l’Irlande, d’un point de vue financier mais surtout idéologique.
L’émigration se poursuit plus lentement après 1855, alors que les jeunes Irlandais partent chercher fortune à l’étranger, et la croissance démographique devient la plus faible d’Europe, mais ces fuites de la population coûte au pays dans beaucoup d’autres domaines.


Histoire de l'Irlande