Quand en 1169, le roi de Leinster, Dermot Mac Murrough, est chassé de son trône, il fait appel au roi d’Angleterre Henri II Plantagenêt pour le reconquérir. C’est ainsi que débarque un corps de chevaliers normands sous le commandement du Richard de Clare, comte de Pembroke, surnommé Strongbow, « arc fort ». Ce dernier permet le rétablissement du roi Dermot et reçoit en mariage sa fille, ce qui lui permet de lui succéder quelques années plus tard. En 1171, Henri II arrive sur l’île et fait reconnaître sa suzeraineté sur les chefs gaëls et les barons normands de l’île, cette dépendance irlandaise va durer 400 ans.
Strongbow reçoit en partage la province de Leinster en tant que vassal du roi d’Angleterre, tandis que les anciennes villes nordiques de Dublin, Wexford et Waterford sont directement placées sous l’autorité du souverain, et le pape accorde au roi d’Angleterre la possession héréditaire de l’Irlande.
Mais cette annexion de se fait pas sans resistance : les Anglais doivent soumettre l’île région par région. A la fin du XIII siècle, les deux tiers de l’Irlande sont passés sous la domination anglo-normande qui ne s’étendra pas davantage.  L’autorité britannique s’affaiblit progressivement et la Couronne finit par ne contrôler qu’une petite zone autour de Berlin, le Pale.
La réaction des autochtones a varié face à cette occupation : ils s’allient parfois aux Normands, dans l’espoir de triompher de leurs ennemis internes, mais se rebellent contre eux à de nombreuses reprises. Les Irlandais qui vivent au «pays de la paix», c’est-à -dire dans les régions placées sous l’autorité anglaise, connaissent une situation tranquille.
Le «pays de la guerre», en revanche, situé principalement dans le nord-ouest, reste une région purement irlandaise qui agit en toute autonomie. Il conserve sa langue gaélique et les pratiques celtiques traditionnelles de son Eglise.
La stabilité du «pays de la paix» prend fin quand Edward Bruce, frère de Robert, roi d’Ecosse, envahit l’Irlande en 1315, et pendant trois ans, jusqu’à ce qu’il soit vaincu et tué à la bataille de Faughart, en 1318, il dévasta le pays, alors que la population est frappée par la famine.
La peste noire, qui atteint l’Irlande en 1348, emporte la moitié de sa population, vidant presque totalement les villes et les ports. Le déclin de la prospérité incita de nombreux propriétaires terriens à regagner l’Angleterre.
Certains Normands s’assimilent à la culture irlandaise et pour limiter les effets de ce rapprochement, en 1366 est voté par le parlement colonial une politique de ségrégation avec les Statuts de Kilkenny, interdisant les mariages entre Anglais et Irlandais, la pratique du gaélique ou du droit coutumier irlandais, et la nomination d’Irlandais aux charges ecclésiastiques, mais cette législation est peu suivie.
Les premiers forts anglo-normands sont faits de bois, avant de devenir) d’imposants château de pierre. Carrickgergus Castle et les remparts de Waterford témoignent de la solidité de ces fortifications. A Jerpoint se dressent les restes d’une abbaye cistercienne dont le cloître du XVème siècle datant du Xvème et remarquablement conservé.


Histoire de l'Irlande