La domination des Rois anglais

En juin 1541, le Parlement irlandais donne officiellement à Henri VIII le titre de «roi d’Irlande». Il tente une politique de conciliation avec la population : ceux qui détiennent l’autorité en Irlande cédent leurs terres à la couronne avant de se les voir restituer, ils acceptent des titres honorifiques anglais, acceptent de dissoudre leurs armées privées et se soumettent au droit commun en vigueur en Angleterre.

Mais la réforme religieuse lancée par Henri VIII, après son rejet de autorité papale, n’est guère suivie en terre d’Irlande : les «pro-papiste» deviennnent  synonyme d’ «anti-anglais». L’affrontement traditionnel entre les Celtes et les Anglais tourne à la guerre de Religion. Les révoltes sont noyées dans le sang et la politique de terre brulée menée par les Anglais ruine l’île. Seule la région de l’Ulster, isolée géographiquement, continue à faire obstacle.

En 1594 une rebellion est organisée par les comtes O’Neill et O’Donnell, et pendant sept ans, les forces anglaises ne réussissent pas à contrer cette véritable guerre.  Mais les Celtes sont écrasés à Kinsale en 1601 et les Comtes s’exilent sur le Continent. La reine Elisabeth I cherche à installer des colons anglais loyaux au moyen d’une politique de «plantations», facilitée par la fuite des cadres irlandais.

Sur les terres confisquées aux rebelles et sur des territoires annexés dans la province d’Ulster, la dynastie des Stuart mène une colonisation de peuplement, connue sous le nom de Plantation, qui transforme la composition ethnique, sociale et religieuse du Nord-Est de l’ïle. De grande parcelles sont prises aux Irlandais et attribuée s à des nobles anglais « entrepreneurs », qui distribuent des parts de ces propriétés pour les distribuer à des colons anglais et écossais. Cette situation sème les germes des divisions qui déchireront l’Ulster.

Sous le règne de Jacques I er (1603-1625), l’Irlande est gouvernée par une autorité composite, formée par le conseil privé du roi à Londres, le conseil privé de Dublin, dominé par les Anglais, le lord deputy ou lord lieutenant, représentant personnel du souverain.

L’autorité anglaise est aussi incarnée par l’aristocratie terrienne de l’île, les Old English, qui descendent des premiers envahisseurs anglais, écossais, gallois et anglo-normands. Le château de Dublin est le siège de l’autorité administrative anglaise, chargée de faire appliquer la politique votée à Westminster. A mesure que les Stuarts tente d’affermir leur domination, certains membres de l’aristocratie anglaise se joignent à la noblesse irlandaise, ou gaélique, pour mieux leur résister.

Au début du XVIIème, la population de l’Irlande s’élève à un demi million d’âmes, et se concentre principalement dans les villes côtières telles que Dublin, Cork, Galway, Wexford, Waterford, Youghal, Limerick, Derry et Drogheda. L’intérieur alterne entre les terres arables et pâturages d’une part, et les forêts, montagnes, landes et marécages de l’autre.

En dehors de quelques petites villes, la population vit très misérablement dans des villages dispersés. La principale activité économique du pays est la production de viande de bÅ“uf et de mouton, de peaux, de suif, de laine et autres dérivés, exportés vers l’Angleterre et l’Europe continentale.

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